Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
29 juin 2011 3 29 /06 /juin /2011 14:45
Le canapé rouge Le canapé rouge Editions Sabine Wespieser et Folio
 
Le mot de l'éditeur :
" Parce qu’elle était sans nouvelles de Gyl, qu’elle avait naguère aimé, la narratrice est partie sur ses traces. Dans le transsibérien qui la conduit à Irkoutsk, Anne s’interroge sur cet homme qui, plutôt que de renoncer aux utopies auxquelles ils avaient cru, tente de construire sur les bords du Baïkal un nouveau monde idéal.
À la faveur des rencontres dans le train et sur les quais, des paysages qui défilent et aussi de ses lectures, elle laisse vagabonder ses pensées, qui la renvoient sans cesse à la vieille dame qu’elle a laissée à Paris. Clémence Barrot doit l’attendre sur son canapé rouge, au fond de l’appartement d’où elle ne sort plus guère. Elle brûle sans doute de connaître la suite des aventures d’Olympe de Gouges, auteur de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, de Marion du Faouët qui, à la tête de sa troupe de brigands, redistribuait aux miséreux le fruit de ses rapines, et surtout de Milena Jesenská qui avait traversé la Moldau à la nage pour ne pas laisser attendre son amant. Autour du destin de ces femmes libres, courageuses et rebelles, dont Anne lisait la vie à l’ancienne modiste, une belle complicité s’est tissée, faite de confidences et de souvenirs partagés. À mesure que se poursuit le voyage, les retrouvailles avec Gyl perdent de leur importance. Arrivée à son village, Anne ne cherchera même pas à le rencontrer…
Dans le miroir que lui tend de son canapé rouge Clémence, l’éternelle amoureuse, elle a trouvé ce qui l’a entraînée si loin : les raisons de continuer, malgré les amours perdues, les révolutions ratées et le temps qui a passé.  " 
 
  
 
 
 
                                    
« Il y a toujours quelque chose d’absent qui me tourmente »
Camille Claudel s’adressant à Rodin
 
J’ai lu ce livre pour le challenge de Théoma « les coups de cœur de la blogosphère » et il est plus que temps puisque la date limite de ce challenge est le 30 juin 2011 (donc : demain !).
 
J’ai bien crû que ça n’allait pas fonctionner pour ce roman. Les cinquantes premières pages ne m’ont pas emporté du tout. Le style de l’auteur ne m’accrochait pas. Et puis d’un coup la magie a pris, et j’ai été emporté.
J’ai vraiment aimé la deuxième partie et la fin a fini de me convaincre. Elle est magnifique.
N’hésitez pas à ouvrir ce tout petit livre (138 pages) très vite lu de plus.
 
Vous y voyagerez à bord d’un transsibérien qui va à Irkoutsk.
Vous y rencontrerez des hommes qui portent les noms très russes et très virils d’Igor, un compagnon de voyage, et de Boris, un joueur d’accordéon, et qui laisserons une trace marquante dans la mémoire d’Anne.
 
" La sihouette d'Igor se fondait dans la pénombre du couloir, apparaîssait et disparaissait dans le mince écran laissé par les rideaux entrouverts. De temps en temps il allumait une cigarette, les volutes de fumée s'enroulaient autour de lui, brume légère et bleutée.../...
Cependant, sans lui, quelque chose m'aurait échappé, quelque chose de moi, de ma vie, qui m'avait mise dans ce train pour mieux me rattraper. Aujourd'hui encore, je continue de penser qu'il était véritablement un guide, un ange discret. N'avez-vous jamais croisé de ces êtres qui semblent ne pas se trouver sur votre chemin par hasard, mais par une sorte d'évidence si bouleversante que votre existence en est subitement transformée ?" (p51)

Des morceaux de texte qui vous rattrapent durant votre voyage et viennent vers vous juste au bon moment.
 
" J'avais cherché deux vers que je connaissais "J'étais absent de moi plutôt nuage indécis, un passant pas très sûr d'être vraiment quelqu'un" (A la lisière du temps, Claude Roy).../...
Ces vers qui m'avaient bouleversée un jour me rattrapaient dans cette minuscule maison où la vie de Gyl m'échappait, où je n'étais pas sûre d'être à ma place. Ils m'étaient d'un grand réconfort. Ce n'était pas la première fois qu'une telle chose se produisait, des mots, des phrases lues ici ou là avaient déjà volé à mon secours, ou m'avaient tout simplement accompagnée. J'en éprouvais toujours un réel bonheur. "(p71)

Vous y rencontrerez une femme qui chante "Souliko" toute la journée pour oublier qu’elle a perdu deux fils en Afghanistan.
 

Les fantômes d’une certaine Marion du Faouët et de son armée de brigands, ainsi que ceux de Milena Jesenska, Anita Conti et de Camille Claudel. (source Wikipedia)
Une vieille dame qui vit encore avec son grand amour Paul, pourtant tué à 19 ans mais qui, pour autant, ne vivra pas une vie triste et sans attrait.
Paul que Clémence rencontre sur la plage, Paul qui lui apprend à nager, Paul qui lui fait la lecture sur le sable des  «  hommes bleus » de Vaillant.
 
Les mots de Clémence :
" C'est peut-être parce qu'il est mort que je continue à attendre que la vie commence, je crois que je l'ai toujours attendue cette vie là, je veux dire la vie avec lui. L'autre, celle que j'ai vécue, c'était autre chose, c'était en attendant... Maintenant je suis une très vieille petite fille..." (p99)

Vous y verrez un ciel coloré en rouge par des enfants et leurs cerfs-volants.
Vous y apercevrez la splendeur du lac Baïkal. «Mystérieux lac, vénéré comme un dieu.»
lac-baikal-russie-248238.jpg
                           Lac Baïkal, russie
 
Vous y apercevrez des petits morceaux de l’enfance d’Anne, sa grand-mère qui lui a appris le langage des arbres et de leurs ombres
" Et puis j'avais dit, C'est un chemin, tout ce temps-là est resté sur un petit chemin de campagne, un chemin de terre caillouteux, bordé de haies et d'arbres dont les ombres me fascinaient. Oui, ce sont ces ombres des arbres sur le chemin auxquelles je pense, elles m'impressionnaient au point que j'évitais de poser les pieds dessus, je les contournais, j'étais persuadée qu'elles étaient l'esprit des arbres, leur langage aussi. Les jours de ciel couvert, leur absence m'inquiétait. Ma grand-mère Jeanne prétendait connaître ce langage et m'inventait des histoires où les arbres retenaient leurs ombres parce qu'ils étaient tristes ou en colère. Nous allions leur parler, elle et moi, nous leur demandions de nous pardonner si nous avions commis une faute. Jeanne était une femme délicieuse, elle regardait le monde dans un perpétuel éblouissement qu'elle savait me communiquer. Elle aimait la terre, la pluie, le vent. Je crois que je n'ai été petite fille qu'avec elle et sur ce chemin-là, je n'ai pas d'autres souvenirs, en tout cas aucun autre ne me semble parler de moi à cet âge... Parfois la nuit, nous partions avec sa chienne, Z, au bord de la rivière. Elle voulait me faire apprivoiser la nuit. Assises au bord de l'eau, nous écoutions la nature bruissante qui, au retour, me suivait jusque dans mes rêves... Plus tard, dans un musée, j'avais découvert un tableau de Cézanne, "la maison du docteur Gachet", j'avais fondu en larmes, le chemin et la maison un peu cachée par des arbres, c'était tout à fait l'image qui m'accueillait lorsque je rentrais de promenade, Jeanne venait de mourir, j'étais encore adolescente, je ne devais plus jamais retourner dans cette maison." (p100, 101)
 
Cézanne " La maison du docteur gachet "

Vraiment un très, très beau texte que je vous recommande chaudement.
     
objectif_pal_le_retour
 
 
 
 
 Objectif PAL d'Antigone
Repost 0
l'or des chambres - dans Littérature
commenter cet article
24 juin 2011 5 24 /06 /juin /2011 15:26
Me voilà taguée par Lily et Juliette... Merci les filles  !!!
 
Les règles de ce tag sont plutôt simples :
1et 2- Re­mer­cier la per­sonne qui vous a oc­troyé ce prix et mettre un lien vers elle.
3- Mettre le logo sur votre blog
stylish blogger award
4- Dé­voi­ler 7 choses sur vous.
5 et 6- Nom­mer 7 blo­gs à son tour.
7- Prévenir les personnes concernées
 
Voilà donc pour les révélations (rien de bien croustillant...)
1) Je suis en recherche permanente et assoiffée de toute forme de beauté dans ce monde absurde et souvent désespérant.
La peinture en est un bon exemple

 
Auguste Renoir
 
2) J'ai une fascination excessive pour les pays nordiques et scandinave et pour leur littérature.
  
 
3) J'aime nager au delà de ce qui est possible. Nager pour moi est une source de bonheur absolu. L'eau est définitivement mon élément. C'est la béatitude complète lorsque je nage. J'ai une préfèrence pour les rivières, les lacs, la mer... Mais j'aime bien aussi les piscines...
 
  

4) Il n'y a pas une semaine qui passe sans que je fasse (au moins) une visite dans une librairie. Y passer une heure est un minimum.
 
hemon-noel-3.jpg
 Noël Hémon
 
5) J'aime lire depuis toujours et ma soif ne sera jamais rassasié.

 
6) La musique me porte, m'emporte, m'enivre... J'en ai un besoin viscéral et instinctif.
Voilà la dernière pépite découverte chez Rose et Gris
7) Pour finir j'aime tout simplement la pluralité de la vie...
 
 Je ne tague personne, ce tag ayant déjà largement circulé...
 
Repost 0
l'or des chambres - dans Tags
commenter cet article
21 juin 2011 2 21 /06 /juin /2011 14:19

challenge-Des-notes-et-des-mots-4.jpg

 

Deuxième participation pour le challenge d'Anne. Il s'agit d'un billet rétroactif de la lecture de Garden of love" de Marcus Malte.

Garden of loveGarden poche

 

Mon billet en intégralité ici-même.

 

Un petit extrait du billet :

 

Il fait parti de ces livres, vous savez, ces livres qui sortent de l'ordinaire. Ceux qui vous rappelent pourquoi vous aimez tant lire. Un de ceux qui vous bouscule et vous malmène.

 

C'est un livre qui vous empoigne, vous dévore, vous possède comme une fièvre. Vous tournez les pages comme envoutés, même si vous entrez dans un prodigieux cauchemar. Vous n'avez pas d'autres choix que de continuer. C'est une histoire qui a un sacré souffle, un roman qui a une sacrée personnalitée...

La vie, le monde qui gravitent autour de vous s'effacent, s'écartent comme un rideau.

Et vous avez devant les yeux un univers glacial mais prenant, une histoire incroyable.

Et vous entrez là dedans à petits pas, timidement d'abord, et sans hésitation après comme on se jette dans une décision pour laquelle on a longtemps hésité.

Vous avez le souffle court et le coeur battant...

N'est ce pas là ce que l'on demande à n'importe quel livre ???

Cet évasion là ?

 

Et surtout, ne croyez pas lire un polar, ce livre est beaucoup plus que ça. Il a de vrais qualités littéraires (attention, je ne dis pas que les polars n'en ont habituellement pas mais c'est vrai pour certains). Il a pour lui un vrai style et une écriture percutante.

 

Un passage de "Garden of love" : 

 

"On est arrivés trempés. Les petits avaient encore des algues brunes collées aux bottes et aux pantalons comme des bouts de sparadrap. Piteux et hilares à la fois.

- Ben voyons... a soupiré Florence en nous voyant.

Sourire aux lèvres. Dieu qu'elle était belle. On s'est déshabillés et frottés avec des serviettes. Les enfants riaient. Tout cela représentait une tranche de vie familiale absolument parfaite. L'image même de l'harmonie et du bonheur. Des gens qui s'aiment. Je ne peux pas m'empêcher d'y croire, à chaque fois. Je cherche alors le regard de Flo et j'espère de toute mon âme qu'il ne se démentira pas. S'il y a  une chose que j'ai apprise, c'est à repérer les ombres qui planent au fond de ses yeux.../...

 

.../... Il a plu tout le reste de la journée par intermittence. Nous n'avons plus mis le nez dehors mais les garçons se sont tenus tranquilles. Le sapin, la crèche. Les derniers préparatifs. Et toujours cette impression de bonheur ordinaire et serein. Quelque chose d'extrêmement précieux pour moi. Hélas, avec ce qui se jouait dans les replis de mon crâne, il m'était impossible de me laisser aller et d'y adhérer pleinement. Je voyais ça de l'extérieur et ma propre joie, ma petite fête personnelle en était en partie gâchée. Ne serais-ce que pour ça, j'en voulais à Ariel d'avoir reparu juste ce jour-là. J'ai du mal à croire au hasard.

On s'est fait notre petit repas de réveillon tous les quatre. Le sapin clignotait dans un coin du salon. Florence avait disposé des espèces de lumignons multicolores un peu partout dans l'appartement. J'ai chassé l'idée que ça pouvait ressembler à une veillée funèbre. Je me suis concentré sur leurs visages. Celui de Flo. Celui d'Etienne le Sage. Celui de Mattéo, Mat-au-Marteau, roi des bricolos. Mes trois merveilles. Mes trois étoiles dans la nuit noire. Les reflets avaient des éclats doux sur leur peau comme autour d'un feu et leurs yeux brillaient. J'ai souhaité qu'il n'y ait jamais de fin à ça.

Mais qui sait où se perdent nos prières ? "

Repost 0
l'or des chambres
commenter cet article
19 juin 2011 7 19 /06 /juin /2011 20:23

Voilà donc mon premier billet pour le challenge d'Anne : des mots et des notes.

Pour mon premier billet je commence par un billet rétroactif d'une lecture du mois de novembre 2010.

Une lecture idéale pour ce challenge, ou la musique se mèle d'une façon grandiose à la littérature.challenge Des notes et des mots 4

 

Mon billet du 16 Novembre 2010 en intégralité :

 

Fugue       coeur[1] Gros, gros coup de coeur !!!

 

Quatrième de couverture

 

"Madeleine s'enfuit de l'école le jour de la rentrée. Sa mère, folle d'angoisse, crie son nom le long de la rivière. L'enfant est saine et sauve, mais Clothilde y perd la voix. Sa voix du quotidien, sa voix de mère, de fille, d'amie et d'amante lui fait désormais défaut.

Clothilde consulte, se refuse aux traitements, se heurte à l'incompréhension de tous. Et, contre toute attente, prend des cours de chant. La voix chantée de Clothilde est belle, sublime même. Passionnée de musique depuis l'enfance, comment pourrait-elle se détourner de ce talent qui affleure ?

Un portrait de femme d'une tonalité bouleversante."

 

   

Un livre, que pour ma part, je range dans la catégorie livres au miel.

Le genre de livre ou l’on voudrait se vautrer encore et encore tellement on y est bien…

Un de ceux qui garderont une place particulière, celle des livres qui font du bien, et qui mettent le cœur au chaud, un peu comme une bouillotte que l’on garderait au cas où…

De ceux qui réconfortent, qui dorlotent et que nous relirons encore et encore…

C’est un livre douillet, moelleux, chaleureux…

Clothilde a perdu la voix, mais elle ne dégringole pas, bien au contraire…

Clothilde chante et elle s’élève, grandit.

Elle sait ce qu’elle veut, ne faiblira pas.

Ce livre nous parle d’une femme qui commence à penser à elle-même sans être égoïste pour autant. Elle se recentre sur elle-même et cela sans mettre de côté ou oublier ceux qu’elle aime et qui l’entoure.

Ce livre nous parle de l’amitié, de la vie qui va vite…

Il nous parle de la nostalgie que nous ressentons à voir nos enfants grandir trop vite.

De l’importance qu’ont, dans nos vies, nos animaux familiers et la tristesse de les voir nous quitter un jour.

De la richesse de nos souvenirs et de l’or de ces photos d’enfances de nos enfants que nous chérissons.

Il nous parle de ces Noëls passés à faire des bonhommes de neige, de la luge, qui se terminent par un goûter pris au chaud, composés de bûche et de chocolat chaud et qui resteront dans nos cœurs, bien à l’abri.

Il nous parle des rapports que nous avons avec notre corps, qui sont plus ou moins sereins, ou l’inverse, selon les jours et nos humeurs.

Ce livre nous parle aussi de la musique et de la façon dont elle nous enivre, de la volupté qu’elle nous offre…

 
 

" Sur ce chemin qui la ramenait vers l’école, elle se refit le film du matin. Elle se revit, toujours dotée de sa voix, ce qui lui paraissait déjà presque inconcevable, préparant les enfants.

Elle n’aurait pas eu besoin de la fugue de Madeleine pour que cette rentrée scolaire entre toutes soit mémorable. C’était d’une certaine manière la première et la dernière rentrée. La première pour les jumeaux, Adèle et David enterraient leurs de vies de petits et c’était donc pour la mère, la « dernière ». Le temps de la toute petite enfance de sa progéniture était révolu.

Dès le lever, elle s’était dit : « Vivement demain que la cérémonie des adieux soit finie. »

Elle s’était contrôlée au mieux mais n’avait pas caché aux enfants la nervosité qui l’étreignait : « Petite fille, j’aimais la rentrée, j’aimais l’école… mais comme maman, ces jours-là sont curieux, je vous vois grandir d’un coup… c’est bien comme ça mes enfants, un temps commence, un autre finit, je dois en prendre acte. Voilà. Ce soir, vous aurez des tas de choses à me raconter. "

 

" Elle, qui, pendant sa première grossesse, n’avait pas eu la moindre envie de fraises, avait décidé au cœur de la nuit, son premier enfant à peine né, qu’elle aurait un chien, qu’il serait le plus grand et le plus blanc possible. "

Le lendemain de sa sortie de l’hôpital, le bébé dans une poche façon kangourou calé entre ses seins, elle était partie en chasse de chien. Le soir même, un chiot des Pyrénées intégrait la famille, un pastou, un berger. Il était « Beau ». "

 

" Au titre 1, L’air de la paix de Scarlatti, All’s arme si accesi guerrieri che fate, une cape sonore lourde comme le plomb venait de se poser sur les épaules de Clotilde, elle lui couvrait tout le dos. Tout en elle écoutait, guettait les sons, les assimilait, ses doigts, son ventre. Des voiles de couleurs tranchées dansaient devant ses yeux.

Elle s’assit à l’aveugle sur son radeau.

Ses pieds semblaient s’enraciner dans le sol, le creuser, chacun de ses cheveux, se faisait antenne.

Au titre 2 deScarlatti, L’air de l’espérance, elle s’absenta dans un pays où le temps n’existait pas, en apnée dans un monde de sons.

Au titre 3 de Haendel, Un pensiero nemi di pace, air de la beauté, triomphe du temps et de la désillusion, elle revint au monde pour prendre conscience de son système nerveux assiégé, elle aurait crié si elle avait pu. "

 

" "Je respire donc je chante " , se répétait Clothilde.

En bas de chez Mme Maisonneuve, elle passa devant sa voiture garée là sans s’arrêter. Elle descendit et remonta d’un pas rapide et rythmé la petite rue pentue de derrière le centre-ville qui liait le presbytère de la cathédrale aux quais en contrebas. Pour se dégriser. Elle aurait volé tant elle se sentait légère et chargée d’énergie tout à la fois. A cette femme qui n’avait parlé depuis deux mois que par rébus, le souffle contrarié toutes les trois syllabes cette heure de chant, ses vibrations aiguës, sombres, longues dans ses os, réinsufflaient une deuxième vie.  "Je respire donc je chante"

 

" Existait-il une musique constituée d’une seule note égarée entre deux plages de silence illimité ? N’était-ce pas cela une photo ? Une image comme une brèche où l’imagination engouffrait drames, joies, expériences vraies ou fabulées. Un puits sans fond, une note hors mesure, sans tempo et sans clé.

Une photo, de ce qu’elle révèle, ne dit rien ou trop ?

Pourtant si la maison brûlait, Clothilde sauverait les photos et les films de ses enfants avant leurs papiers d’identité ou ses partitions. Elle sauverait les photos de ses enfants et le portrait de sa mère à l’entrée de sa chambre.

Déraison ? "

 

" Ce qu’elle voulait c’était « faire » de la musique et comme l’amour, et comme l’écriture peut-être pour qui écrit, ce n’est pas quelque chose à propos de quoi on parle. On la fait justement parce que la parole ne suffit pas. " 

 

Un livre vraiment très beau, émouvant et superbe... 

Vous passerez un très beau moment avec ce roman, alors n'hésitez pas...

Je pense même l'offrir à Noël, c'est dire à quel point je l'ai aimé...

 

Lu par Sandrine, Cynthia, Clara, Alex, Mirontaine, Saxaoul, Emilie, Cathulu, Marie L et Aifelle.

 

Très belle lecture 

 

Repost 0
l'or des chambres
commenter cet article
16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 12:00

challenge Des notes et des mots 4

 

Je ne vous ferais plus le coup du : c'est le dernier challenge sûr et certain (je ne suis plus sûr de rien...)

Pour le thème de ce challenge voilà ce qu'en dit Anne (parce que, très évidemment, c'est elle qu propose ce challenge) :

 

"Je vous propose de lire des livres qui ont un lien avec la musique. Tous les genres de livres sont possibles, romans, polars, jeunesse, albums pour les petits... Et tous les styles de musique sont permis, bien sûr, du jazz à la musique classique, assez bien représentés dans les romans contemporains, je crois, mais aussi, pourquoi pas, la chanson française, le rock, le métal, etc ! Je vous propose même d'inclure à ce challenge des titres qui contiennent un mot de vocabulaire musical, sans nécessairement avoir un lien avec cet art. "

 

 Pour plus d'info c'est ici que ça se passe.

 

Mais j'aurais eu du mal à résister à celui-là. Tout d'abord parce que je trouve l'idée excellente et que, comme d'habitude, les trois titres que j'ai choisis sont déjà sur ma PAL. Cela sera peut-être l'occasion de les faire sortir de l'oubli (pour certains). Et puis, surtout, ce qui a fait cesser mes doutes (et bien oui, j'hésite tout de même à me lancer dans un nouveau challenge...) c'est que la date limite de ce challenge n'est pas pour tout de suite (deux ans). Donc aucun stress à avoir. Nous avons jusqu'au 21 juin 2013 (date de la fête de la musique).

Et en plus vous pouvez choisir des lectures et des billets rétroactifs.

 

Il a trois niveaux pour ce challenge. J'ai choisi le niveau Mélomane averti, ce qui fais qu'il me faudra lire au moins 3 livres et visionner un film ou écouter un CD.

 

Voilà donc les titres choisis (d'autres titres et des idées chez Anne)

 

- Le blues des grands lacsLe blues des Grands Lacs  de Joseph Coulson

- Les variations Goldberg Les variations Goldberg de Nancy Huston

ou

- L'accompagnatrice L'Accompagnatrice de Nina Berverova

 

et pour finir un billet rétroactif d'une lecture coup de coeur :

- Fugue Fugue de Anne Delaflotte Mehdevi

 

                                       

 

Bonnes lectures et bon challenge !!!

Repost 0
l'or des chambres - dans Challenges
commenter cet article
8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 16:41

radio_des_blogueurs

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette fois Leiloona propose pour thème l'été (évidemment) et les vacances qui s'annoncent, un titre éclatant de bonne humeur... Des chansons qui nous rendent heureux...

Alors, vous je sais pas, mais moi (après avoir éliminé " Je veux du soleil " déjà choisi par Marie L. ) j'ai immédiatement pensé à cette chanson que j'adore et qui, tout de suite, me met le coeur en joie et me transporte direct au bord de la plage, les yeux sur le large, les pieds dans l'eau... ect...

Cette chanson c'est : "Sous le soleil exactement"

 

 

 

En prime la vidéo. Un extrait de la comédie musicale de "Anna" de Pierre Koralnic.
Définitivement : J'ADORE !!!!!!!!!!!
 
Divin !!! Juste parfait...
 
  
 
D'autre part je suis tombé sur un billet de George, elle se fait un petit défi lecture juste avant les vacances scolaires. Et j'ai beaucoup aimé l'idée. Pour les détails c'est ici.
Pour ma part je vais essayer (oui, je dis bien essayer...) de consacrer au moins trois temps de lecture par jour. Une petite demie-heure le matin, une heure l'après midi et une autre le soir.
Et cela le lundi, mardi, jeudi et vendredi de toutes les semaines qui restent avant les vacances scolaires (il reste environ trois semaines)
On verra bien si j'arriverais à m'y tenir.
Parce que, tout simplement ma pile (mes piles...) commence à ressembler à ça :
 
 
 
Je sais bien ce que certaines (et certains...) diront : la lecture c'est du plaisir et les moments ne se choisissent pas, mais... :
Un peu de discipline pendant quelques jours ça peut pas faire de mal, non ?
Et puis, si vous êtes une femme (malheureusement c'est toujours d'actualité) vous le savez bien, il y a toujours quelque chose à faire, un truc qui ne peut pas attendre : le lave-vaiselle à remplir, une bassine de linge à vider, du repassage, l'aspirateur qui se sent seul, les devoirs à surveiller... ect... Je vais m'arrêter là, vous devez savoir de quoi je parle, non ???
Bref, pour une fois, des horaires comme chez les militaires et bien... ça peut être une chouette expérience...
 
Voilà son super logo :
 
 
Je commence donc ce défi demain...
Je vous tiendrais au courant de mes avançées (ou de mon échec )
Et bien sûr je suivrais avec beaucoup d'intérêt celles de George.
Quelques unes pour nous suivre ???
Repost 0
6 juin 2011 1 06 /06 /juin /2011 11:06

jeune_femme_lisant_dans_un_jardin___huile___henri_lebasque

"Jeune femme lisant dans un jardin" Henri Lebasque

 

Des lectures plutôt intéressantes ce mois je dois dire :

 

Tout d'abord un coup de coeur :

 

- La terre fredonne en si bémol de Marie Strachan La terre fredonne en si bémol

Une lecture magnifique

 

Un coup de coeur jeunesse :

 

- La reine des mots d'Armand Cabasson La reine des mots 

Un personnage d'adolescente vraiment extrêmement bien dessinée

 

J'ai beaucoup aimée aussi :

 

- Loving Frank de Nancy Horan Loving Frank

La voix de Mamah m'a beaucoup touchée ; terriblement proche, terriblement intime. L’on suit ses pas, son chemin, ses hésitations, ses doutes avec beaucoup d’intérêt…

 

- Quinze kilomètres trois de Martine Laval Quinze kilomètres trois

Un petit livre très court mais du concentré ! (billet à suivre)

 

J'ai aimé mais sans plus :

 

- Le tour d'écrou d'Henry James Le tour d'écrou

Une atmosphère très réussie mais une fin un peu frustrante...

Un mois satisfaisant et seulement un billet en retard :0)

Repost 0
l'or des chambres - dans Bilan du mois
commenter cet article
1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 11:24

Le tour d'écrou  Le tour d'écrou 

 

Lecture commune avec Zarline, que je remercie en passant pour avoir bien voulu décaler la date (mais j’ai quand même réussi à avoir un jour de retard !!!…)  

 

Mot de l’éditeur :

« La veille de Noël, un homme lit l'histoire étrange racontée par l'un des témoins des faits rapportés, une gouvernante chargée de garder deux enfants que viennent hanter des fantômes dépravés qui se jouent de leur innocence. »

 

Je voulais d’abord lire ce texte pour le Read A Thon et finalement je me suis dit que ça ne serait pas un texte si facile que ça… Je peux dire maintenant que j’ai bien fait. C’est un texte qui demande toute notre concentration et d’avoir la pleine mesure de ses moyens (en l’occurrence : ne pas être trop fatigué !!). Mais je dois avouer que je ne renouvellerais sans doute pas avec cet auteur, le style ne m’a pas convaincu plus que ça.

 

Que dire de l’histoire… Si j’ai été effrayée ? La seule chose que je peux vous dire c’est que j’ai lu les dernières pages hier soir, dans mon lit, juste avant de m’endormir et que ça n’a pas loupé : j’ai fait un cauchemar. Est-ce dire que je suis facilement impressionnable ? Oui, certainement.

 

L’atmosphère, l’ambiance est incontestablement réussie. On est en plein dans l’époque victorienne et c’est sans doute cela qui a contribué à ne pas faire de ma lecture un échec. Mais cela n’empêche pas que, au final, cela ne soit pas un coup de cœur.

Ce que j’ai le plus aimé c’est la narration en forme de récit, de journal, de la gouvernante. On est donc au plus près des faits.

Mais bon, c’est quand même une lecture qui m’a laissé un peu perplexe. Je n’y ai pas adhéré tant que cela.

Ce huis clos (ou presque) vous fait glisser dans une atmosphère étouffante, angoissante, presque malsaine je dirais.

Deux trois petites choses m’ont choqués, tout d’abord ces enfants qui apparaissent tout d’abord angéliques et adorables et tout à coup deviennent, pour la gouvernante « mauvais » et cela pour la seule et bonne raison qu’ils auraient des contacts avec des fantômes ??? Et ce couple, dépravé, le serait uniquement parce qu’ils ont eu une liaison de leur vivant ???… Ou alors il y avait peut-être autre chose que je n’ai pas saisi ?

 

Et il y a cette phrase de l’auteur qui me semble incroyablement sexiste :

 

«  J’avais eu moi-même des frères, et ce n’était pas pour moi une révélation que les petites filles puissent être des idolâtres serviles des petits garçons. Mais ce qui surpassait tout, c’était qu’il y avait au monde un petit garçon capable de montrer la plus grande considération pour une créature de sexe, d’intelligence et d’âge inférieurs. » (!!!!!!)

  

 

Quelques extraits pour finir.

L’arrivée de la gouvernante à Bly (le domaine où les évènements auront lieu) :

 

«  Je suppose que j’avais tellement pressenti, ou redouté, quelque chose de mélancolique, que ce qui m’accueillait ne pouvait être qu’une bonne surprise. Je me rappelle comme la plus agréable des impressions la large et limpide façade, ses fenêtres ouvertes, ses frais rideaux, et les deux servantes guettant mon arrivée ; je me souviens de la pelouse, des fleurs éclatantes, du crissement des roues sur le gravier, des épaisses frondaisons au-dessus desquelles les freux tournoyaient et croassaient dans le ciel doré. Ce décor avait une grandeur qui le rendait bien différent de ma triste maison familiale, et alors est aussitôt apparue à la porte, tenant une petite fille par la main, une personne courtoise qui m’a fait une révérence aussi correcte que si j’avais été la maîtresse des lieux ou une visiteuse distingué. »

 

La première apparition qui déstabilise la gouvernante :

 

« Toute cette impression du moment me revient du moins avec une intensité qui me permet de l’exprimer ici avec une précision que je ne lui ai encore jamais donnée. C’était comme si tout le reste de la scène avait été frappé de mort à l’instant même où j’apercevais… ce que j’ai aperçu. Je peux encore entendre, en écrivant, le silence prenant dans lequel sont tombés les bruits du soir. Les freux ont cessé de croasser dans le ciel doré, et durant une minute, cette heure amicale a perdu toute voix. Mais rien d’autre n’avait changé dans la nature, à moins bien sûr que l’étrange intensification de mon regard n’ait été un changement. L’or était toujours dans le ciel, la limpidité dans l’air, et l’homme qui me regardait du haut des remparts était aussi net qu’un tableau dans son cadre. »

 

Et les enfants qu’elle commence à regarder d’un autre œil :

 

«  Oh oui, nous pouvons rester là à les regarder, et ils peuvent nous faire leurs petites démonstrations autant qu’ils veulent ; mais lorsqu’ils font semblant d’être absorbés dans leur conte de fées, ils sont en réalité plongés dans leur vision de revenants. Il n’est pas en train de faire la lecture à sa sœur, ai-je déclaré, ils sont en train de parler d’eux… ils se disent des horreurs ! Je sais que je raisonne comme si j’étais folle, et c’est vraiment étonnant que je ne le sois pas encore devenue. Ce que j’ai vu vous aurait rendue folle ; mais ça ne m’a rendue que plus lucide, m’a fait saisir bien d’autres choses »

 

 Il existe également en version BD : 



Dont en voilà une planche :







Et il y a le film aussi, mais je précise que je n'ai pas eu l'occasion de le voir : Les Innocents

 






L'extrait est justement la première apparition que subit la gouvernante.
 
laurier_couronne_fdb39 Ma participation au challenge "Petit bac", catégorie "Objet" d'Enna
   Et la challenge "La littérature fait son cinéma" de Will 

 

Repost 0
l'or des chambres - dans Littérature
commenter cet article
28 mai 2011 6 28 /05 /mai /2011 21:28

Enfin une date de sortie...

Enfin un titre à se mettre sous la dent...

Enfin la certitude de la sortie de son prochain livre...

Devinez de qui je parle...

De Carole Martinez bien sûr !!!

 

 

 

 

Le titre le voici : "Du domaine des murmures" et il sortira pour septembre 2011 !!!!!

 

L'info je l'ai trouvé ici, chez elle. Merci Clara pour cette nouvelle qui a ensoleillée ma journée...

 

Vous vous rappelez à quel point j'ai aimé "Le coeur cousu", son premier livre. Il a été mon grand grand coup de coeur de l'année dernière.  Le coeur cousu

 

Un petit extrait de mon billet pour vous donner l'eau  à la bouche :

 

"Comment vous parlez au mieux de ce livre prestigieux ?

Je me sens maladroite et hésitante, je voudrais tellement vous transmettre ce que j'ai vécu en lisant ce livre. Il fait parti de ces livres qui nous construisent, tels des briques empilées les unes sur les autres.

Il fait parti de ces livres dont toutes lectrices attends, avec espoir, la rencontre.

Une rencontre rare et précieuse qui est un vrai luxe quand il arrive.

Parce qu'une vie de lectrice n'en voit pas tant que ça des rencontres comme celle là.

C'est un de ces livres qui entre dans le pantheon de ceux que l'on oublie jamais.

J'ai pris mon temps pour le lire, il ne se lit pas à la va-vite ni à la légère.

C'est un livre qui se mâche, se digère. Il mérite le temps qu'on lui accorde.

Je n'ai pas envie de vous en dire de trop pour ne pas en déflorer le sens. La peur de gacher ce que vous y trouverez dans les mots, entre les lignes.

En fait cela ne m'étonne pas du tout qu'il ai eu le prix des étonnants voyageurs... c'est un livre qui fait voyager. Il est totalement dépaysant et ce n'est pas seulement parce que Frasquita Carasco part sur les routes, parcoure l'Andalousie et le sahara...

C'est aussi parce que c'est un livre foisonnant et complètement irréel. Il y a là des contes, de la magie, de l'irréalité... et de la cruauté aussi...

 

C'est un livre extrèmement féminin, une histoire de femmes, de mères, de soeurs.

Ce roman a eu huit prix littéraires et cela n'est guère étonnant. Pour une fois qu'un livre assume sa différence et en joue largement, je ne peux qu'applaudir.

Le style de l'auteur est superbe, sublime...

 

" Mon nom est Soledad.

Je suis née, dans ce pays où les corps sèchent, avec des bras morts incapables d'enlacer et de grandes mains inutiles.
Ma mère a avalé tant de sable, avant de trouver un mur derrière lequel accoucher, qu'il m'est passé dans le sang.

Ma peau masque un long sablier impuissant à se tarir.

Nue sous le soleil peut-être verrait-on par transparence l'écoulement sableux qui me traverse.

LA TRAVERSEE;

Il faudra bien que tout ce sable retourne un jour au désert.../... "

 

Pour retrouver mon billet en entier c'est par ici.

 

Pour écouter ce que Carole Martinez en dit c'est par ici. Un interview filmé de l'auteur par Web TV Culture. Elle parle d'elle et de son livre avec beaucoup de naturel. N'hésitez pas à suivre le lien, c'est vraiment intéressant d'apprendre la genèse de ce livre. Elle en parle très bien. Je ne me lasse pas de l'écouter.

Bon week-end (il commence pas mal, non ?)

Repost 0
25 mai 2011 3 25 /05 /mai /2011 14:04

 

       Loving Frank

Lecture commune avec  Anne, LystigAnne,  Pyrausta, Valou et Cynthia

 

  Quatrième de couverture :

 

"Chicago,1903. Un jeune couple, les Cheney, fait appel à Frank Lloyd Wright, l’architecte d’avant-garde, génial et rebelle, pour qu’il construise leur nouvelle maison. Et c’est le coup de foudre : Frank tombe follement amoureux de Mamah Borthwick Cheney. Au point que, quelques années plus tard, les amants partent pour l’Europe, abandonnant conjoints et enfants, au grand scandale de la bonne société américaine, puritaine et dévote. Où qu’ils aillent, Frank et Mamah, enchaînés par leur passion mais hantés par une culpabilité intolérable, font la une de la presse américaine. Ils rentrent aux Etats-Unis en 1914, et leur histoire d’amour va connaître un dénouement dramatique…

Nancy Horan raconte avec tact et empathie le combat, perdu d’avance, de deux êtres emportés par un sentiment qui les dépasse. Stéphane Hoffmann, Madame Figaro.

Un amour au goût de soufre. Françoise Dargent, Le Figaro littéraire. "

  

 

Mamah Borthwick et Frank Lloyd Wright



 Extrait du "Chicago Daily Tribune"

 

 « Être mère ne suffit pas, même une huître peut être mère. »

Charlotte Perkins Gilman



Tout d’abord je dois avouer que j’ai une journée de retard pour la lecture commune (mais je ne crois pas être la seule). Hier, une réunion à l’école de « petit dernier » qui devait me prendre une heure, m’a finalement pris toute l’après midi… Voilà pour l’explication.



Maintenant venons en au principal ; mon avis sur ce livre.

Ce n’est pas un coup de cœur comme je le pensais mais presque, c’était vraiment une lecture très intéressante. Je me suis, par contre, rendu compte que j’étais mal à l’aise par rapport à ces livres qui mélangent faits réels et romance. En effet, comment savoir, puisque seuls ceux qui ont réellement vécu leurs histoires savent, ce qui est vraiment arrivé. Peut-être ont-ils vécu d’une façon totalement différente tout ce qui est relaté ici. Leurs ressentis leurs est propre et l’auteur peut-il vraiment s’approprier le droit de parler en leurs noms ? Voilà, il me semble, une question intéressante à soulever…



Par ailleurs il me semble que le livre aurait supporté un peu moins de pages et d’épaisseur. Je me suis moi-même un peu lassé dans la dernière partie du livre. La construction et la vie qui s’installe à Taliesin m’a semblé un peu longue.



Et il y a cette fin aussi, épouvantable, abominable… Je pense d’ailleurs, que si je n’avais pas su que les faits sont réels j’aurais pensé : non, là c’est vraiment trop… je ne peux pas adhérer à cette fin…

Et pourtant…

C’est vraiment la preuve que, parfois, la réalité peut dépasser (largement) la fiction !



Mais maintenant parlons de ce qui m’a vraiment touché dans ce livre : d’abord il y a la voix de Mamah, terriblement proche, terriblement intime. L’on suit ses pas, son chemin, ses hésitations, ses doutes avec beaucoup d’intérêt…

 

Il y a cette femme déchirée entre son attirance avec cet homme, qui lui semble être son âme sœur, et ses enfants, son foyer…

Il y a la tristesse et la douleur de ses jeunes enfants, surtout de son fils, abandonné alors qu’il n’avait que 3 ans, pleurant le départ de leur mère. (j’avoue avoir, à ce moment là, eu du mal à comprendre Mamah)

Il y a l’ébauche et le début du féminisme et des balbutiements des droits des femmes…

Il y a une passion et un élan vers un amour défendu.

Il y a quelques jours (les seuls) de douceurs, de liberté, et d’ivresse à Berlin, tout au début de leur passion. Et d’autres, plutôt heureux eux aussi, à Florence où Mamah se sentira vraiment à sa place et connaîtra certainement ses plus belles heures.

 

«  Les journées s’organisaient aussi simplement que cela, rythmées par le lever du soleil et le repas de midi. Dès huit heures et demie, ils se trouvaient chacun à leur poste, même s’il arrivait à Mamah de se glisser dans l’atelier pour regarder Frank et Taylor Woolley tremper leurs plumes de corbeau dans l’encre et esquisser des dessins délicats sur leurs minces feuilles de papier.

Quand à elle, elle travaillait dans le plus petit des deux jardins de la maison, abritée par une charmille chargée de roses jaunes qui poussaient tout autour de la terrasse. Assise à la table de jardin ronde installée près du mur qui la séparait d’un vertigineux à pic, elle avait vue sur les toits de tuile rouge de Florence…/…

Elle vivait dehors aussi souvent que possible ; certains matins, elle abandonnait sa traduction pour gravir la Via San Francesco jusqu’à l’antique église et jusqu’au monastère, au sommet de la colline. Ce n’était qu’une destination parmi des dizaines d’autres mais toutes ses promenades dans les prés parsemés de coquelicots l’amenaient au même point culminant : Mamah trouvait un endroit où s’asseoir pour contempler les coteaux jusqu’à ce qu’un calme proche de la stupeur s’empare d’elle. Quand les longues heures passées au soleil firent apparaître des auréoles bronzées sur son dos et sa poitrine, elle s’acheta un chapeau avec des bords plus larges.

« Mamah des collines ! » C’est en ces termes que Frank la salua un beau matin qu’elle sortait dans le jardin, son grand chapeau de promenade sur la tête. A compter de ce jour, il ne lui donna plus d’autre surnom. »



Il y a le poids de la société puritaine, le scandale et l’enfer de l’acharnement des journalistes.

Il y a la voix d’Ellen Key, philosophe et féministe avant l’heure (mais qui retournera en quelque sorte sa veste) suédoise (et qui a pour ami un certain Carl Larsson que je vénère) qui fascinera Mamah. Et dont elle traduira les textes.

Il y a le jugement des autres, toujours, tout le temps, dont ils ont du mal à se détacher.

Il y a cette maison incroyable : Taliesin, une vraie création artistique, qui a une présence et une personnalité aussi forte qu’un être humain.



 



«  Ici, Taliesin était grande ouverte sur l’extérieur : le soleil, le ciel, les collines verdoyantes et la terre noire. Bien plus que la maison d’Eart Avenue, celle-ci contenait une promesse de bonheur. Elle était vraiment faite pour Mamah, avec ses terrasses, ses cours et ses jardins qui rappelaient tant les villas italiennes chères à son cœur. Pourtant Taliesin n’avait rien d’italien. Elle présentait les caractéristiques d’ « une maison de la prairie » sans en être une. C’était une construction originale qui ne ressemblait à aucune autre, selon Mamah, un pur produit de l’architecture organique en totale symbiose avec la colline.

Mamah s’émerveillait surtout de l’espace qui s’offrait à l’intérieur de la maison ; on y découvrait un univers à part. Rien n’exprimait mieux l’idéal américain qu’une demeure où l’on se sentait à l’abri tout en restant libre. Mamah adorait s’asseoir devant la cheminée pour contempler le spacieux salon largement ouvert sur les champs et, au-delà, sur l’horizon. Comme s’il n’y avait pas de murs pour arrêter le regard, les pensées et l’esprit pouvaient vagabonder toujours plus loin. Cette maison incarnait le rêve que poursuivait Frank depuis qu’elle le connaissait, celui d’une « architecture démocratique ». Elle l’avait souvent entendu dire que la réalité d’un bâtiment réside dans sa dimension intérieure. Votre façon de meubler cet espace influence votre façon de vivre et votre devenir. Ici, à Taliesin, il n’avait pas envie d’encombrer l’espace d’objets qui n’élèveraient pas leurs âmes. Mamah non plus.

Elle imaginait sans peine le jour où il avait gravi cette colline avec le projet de Taliesin en tête. Loin des contraintes liées à un site urbain, il était libre d’associer le soleil, les brises et les paysages à son idée. Elle le voyait debout, le nez au vent, à l’affût, contempler les lieux comme il le faisait si souvent lorsqu’une idée prenait corps dans son esprit. Bientôt, les carrés et les rectangles, les cercles et les triangles commençaient à s’agencer sous ses yeux. Il pouvait se passer des semaines avant qu’il ne prenne un crayon et du papier. Mais, quand il le faisait, il lui suffisait parfois de dessiner fébrilement pendant une heure pour produire une esquisse fabuleuse. Combien de fois ne l’avait-elle pas entendu affirmer, un peu par bravade, « je l’avais au bout des doigts », comme si c’était la chose la plus facile au monde, alors que les plans étaient en gestation depuis des semaines ? D’autres fois, il sortait son compas, son équerre en T et s’amusait à agencer les formes sur le papier pendant des heures, dessinant et modifiant ses plans comme il avait dû le faire, enfant, avec ses cubes de Fröbel. »







Il y a un homme qui a la passion de son métier et qui se prend un peu pour un dieu. Un homme qui a une facette irrésistible faisant de l’architecture une passion et un art, mais aussi une autre, plus sombre, trahissant ses amis en abusant financièrement d’eux.

 

J’avoue d’ailleurs avoir ressenti pour Frank Lloyd Wright de l’agacement, de l’irritation. Cet homme a vraiment un ego surdimensionné. Et alors qu’il a des goûts de grandeurs, il n’a aucun états d’âme ni la moindre hésitation à profiter de ses amis et collaborateurs. Donnant l’explication que son art et son talent excuse bien cela.

 

Bref un type apparaissant peu sympathique parfois…



Au final, une lecture incontournable !!!

Lu par Zarline, Theoma (tous les autres liens chez elles d'ailleurs).

 

Repost 0
l'or des chambres - dans Littérature
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de l'or
  • Le blog de l'or
  • : Je suis une jeune femme passionnée de littérature... Mon blog sera surtout un concentré de ma plus grande passion : la lecture... Il y aura aussi quelques touches de peintures, de cinéma, de musiques et un peu de ma vie aussi... L'Or des Chambres pour un hommage à la très grande Françoise Lefèvre dont j'emprunte le titre d'un de ses livres.
  • Contact

Lectures (et défis) en cours

" Le bon critique est celui qui raconte les aventures de son âme au milieu des chefs-d'oeuvre" Anatole France, phrase lue chez l'Irrégulière 

 

Wikio - Top des blogs - Littérature  

      

 Découvrez Hellocoton      

 

 I ♥ mon libraire

 Gaëlle la libraire     

 

Meuse l'oubli

Meuse l'oubli 

 

Nos vies désaccordées

Nos vies désaccordées

 

Ariel

Ariel de Sylvia Plath       

 

Le Docteur Jivago

Le docteur Jivago pour "Un hiver en Russie" (jusqu'au 21 mars) avec Touloulou   

 

Ernest et Célestine - Le roman d'Ernest et Célestine  

Le roman d'Ernest et Célestine dont je fais la lecture à PetitDernier tous les soirs 

 

Par ici, c'est chaque jour une nouvelle photo de Doisneau, Atelier Robert Doisneau

 

Par là, le Bonheur du jour 

Recherche

J'aimerais lire très bientôt...

 

Rose-Aimée - Rose-Aimée, T1

Rose Aimée T1

 

Shutter island

Shutter Island

 

L'arbre du père

L'arbre du père    

 

Les ignorants

Les ignorants 

Archives

Lectures communes

Les mains nues

Les mains nues de Simonetta Greggio avec Laure

Pour le 27 mai

 

 

Le Seigneur des anneaux - Le Seigneur des anneaux, T2 

Le seigneur des anneaux tome 2, les deux tours

Décembre avec Za et Malou 

 

Villa Amalia

Villa Amalia

avec George

 

Une adoration

Une adoration

avec George

 

 

 

Derniers coups de coeur

Sous la glace

Sous la glace

 

 

Les femmes du braconnier

 

La terre fredonne en si bémol

 

Cent ans

 

Le canapé rouge

 

Les insurrections singulières

     

Fugue 

  

Garden of love

 

Jours de juin

 

Le coeur cousu

 

Julius Winsome

 

  Le reste est silence

 

 Le treizième conte

 

Mademoiselle Chambon

Billets à venir

Twilight - Twilight, T4

Twilight T4

 

Twilight - Twilight, T3

Twilight T3

 

Twilight - Twilight, T2

Twilight T2

 

Twilight - Twilight, T1

Twilight T1

 

La fois où je suis devenu écrivain

Là fois où je suis devenu écrivain

 

Un temps fou

Un temps fou

 

Sac d'os

Sac d'os

 

L'enlèvement

L'enlèvement

 

Cette nuit-là

Cette nuit là

 

Hunger Games - Hunger Games, T3

Hunger games T3

 

Les demeurées

Les demeurées

 

Hunger Games - Hunger Games, T2

Hunger games T2

 

Eux sur la photo

Eux sur la photo

 

Habibi

Habibi (BD)

 

Paradise

Paradise

 

Les trois lumières

Les trois lumières

 

Thérapie

Thérapie

 

Orgueil et préjugés

 

Hunger Games - Hunger Games, T1

Hunger Games

 

Le Seigneur des anneaux - Le Seigneur des anneaux, T1

Le seigneur des anneaux T1

 

La reine des délices

La reine des délices

 

Fais-moi peur

Fais moi peur

 

Sous la glace

Sous la glace

 

Eloge de la faiblesse

Eloge de la faiblesse

 

Winter

Winter

 

Je ne suis pas celle que je suis

Je ne suis pas celle que je suis

 

Chienne de vie

Chienne de vie

 

La vieille anglaise et le continent

La vieille Anglaise et le continent

 

Le sommet des dieux - Le sommet des dieux, T3

Le sommet des Dieux, tome 3

 

Sobibor

Sobibor

 

Les oreilles de Buster

les oreilles de Buster

 

 New York, journal d'un cycle

New York, journal d'un cycle

 

Le premier été 

Le premier été

 

 Le sommet des dieux - Le sommet des dieux, T2

Le sommet des dieux T2

 

L'odeur du figuier, un parfum de délicieuse mélancolie

L'odeur du figuier

 

0.4

0.4

 

Les collines du tigre

Les collines du tigre

 

Miel et vin

Miel et vin

 

Un certain vertige

 

Le blues des Grands Lacs

Le blues des grands lacs

 

Quinze kilomètres trois

Quinze kilomètres trois

 

Le sommet des dieux - Le sommet des dieux, T1

Le sommet des dieux T1

 

L'échappée belle

L'échappée belle

 

  Les années douces - Les années douces, T2

Les années douces T2

 

Le caveau de famille

Le caveau de famille

 

Le mec de la tombe d'à côté

Le mec de la tombe d'à côté

 

Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur

Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur

 

Rosa Candida

Rosa Candida

 

Azilis l'épée de la liberté

Azilis l'épée de la liberté

 

Ouragan

Ouragan

 

Les tendres plaintes

Les tendres plaintes     

Challenges 2013

tour-du-monde-1

Le tour du monde en 8 ans

 

Challenge Irlande : illimité !!

 

Fin : 31 Juillet 2013

 

objectif-pal-001[1]

Objectif PAL Noire by L'Or et George ; illimité

 

http://img15.hostingpics.net/pics/279733ILEDESERTE2.jpg

Fin : 01 Août 2013 (ou plus)

 

   

Fin : 30 septembre 2013

 

Fin : 30 juin 2013

 

Il viaggio

Fin : 31 Octobre 2013

 

Fin : Décembre 2013 (prolongation) 

 

Challenge littéraire

Repris par Anne 

Fin 31 décembre 2013     

 

Liste des participants

Fin : novembre 2013  

 

challenge gilmore girls 2013

Repris par Touloulou

Date de fin : 08 octobre 2014 

 

challengeQuatreSaisons    

Prolongation jusqu'au 21 décembre 2013

 

dc3a9fi_scandinavie_blanche

            3/5 Ici et  et

Fin : 31 décembre 2013 Repris par Lystig 

 

Fin : 28 Juillet 2013

 

logonaturewriting1 

-/5

Fin : décembre 2012 (Folfaerie m'a donné une prolongation pour cette année, merci à elle !!)

 

  Challenge Colette

-/3

Fin : 23 Septembre 2013 (Prolongation) 

 

Ici, et là 

3/3

Fin : 21 Juin 2013

 

Femmes du mondel ogo  

Cent ans Wassmo

La terre fredonne en si bémo l- Strachan

Les femmes du braconnier - Pujade Renaud

Fin : décembre 2012 (renouvelable)    

 

2/10 Re-Prolongation du challenge :

Fin : 05 avril 2014  

 

Prolongation du challenge

Fin : 30 septembre 2013    

Index auteurs


Agus Milena - Battement d'ailes

Ahern Cecelia - Un cadeau du ciel

Beckett Bernard - Genesis

Benameur Jeanne - Les insurrections singulières

Bertholon Delphine - L'effet Larsen

Brisac Geneviève - 52 ou la seconde vie

Cabasson Armand - La reine des mots

 Calvetti Paola -L'amour secret

Chabrol Caroline - Sous les cahiers, la mort

Cohen Welgryn Myriam - Mères - Myriam Cohen Welgryn
Constantine Barbara - A mélie, sans mélo

Delaflotte Mehdevi Anne - Fugue

Dickens Charles - Un chant de Noël
Divakaruni Chitra Banerjee -Ma soeur, mon amour

Donovan Gérard -Julius Winsome

Estibal Sylvain - Le dernier vol de Lancaster
Ferney Alice - Paradis conjugal
Giraudeau Bernard - Cher amour

Girerd Jacques Rémy, Benoît Chieux - L'enfant au grelot  (album enfant)
Glass Julia - Jours de juin

Guelfenbein Carla - Le reste est silence

Haasse Hella S. -La source cachée
Hannah Kristin - La magie du bonheur

Henrichs Bertina -La joueuse d'échecs 

Herry Jeanne - 80 étés

Hobbie Holly - Juste à temps pour Noël - Holly Hobbie (album enfant) 
Holder Eric - Mademoiselle Chambon

Kamimura Kazuo - Lorsque nous vivions ensemble 1
Kamimura Kazuo - Lorsque nous vivions ensemble 2

Kingsolver Barbara - Un été prodigue

Kortepeter Paul et Susan Wheeler - Youpi, pas d'école  (album enfant)
Lemoine Annie - Les heures chaudes

Lethielleux Maud - Dis oui, Ninon
Levraud Murielle - Le soir autour des maisons 

Malte Marcus - Garden of love

Martinez Carole - Le coeur cousu

Matheson Richard - Je suis une légende

Mazurel Claire et Marie H. Henry - Demain c'est Noël (album enfant)
Mégnin Jean-Philippe - La voie marion

Meyer Stephenie - Les âmes vagabondes

Miller Rebecca - Les vies privées de Pippa Lee 

Moning Karen Marie - Fièvre noire

Mosse Kate - Les fantômes d'hiver

Picasso Marina - Grand-père
Rice Luanne - Les carillons du bonheur
Ryan Carrie -La forêt des damnés

Sampioro Dominique - La petite présence
Scholes Katherine - Les amants de la terre sauvage

Setterfield Diane - Le treizième conte
Sigurdardottir Steinnunn - Le Cheval Soleil
Tardieu Laurence - Comme un père

Vann David - Sukkwan Island   
Vigan Delphine De - No et moi

Woolf Virginia - Mrs Dalloway