" Oline avait continuellement arrosé le veau de jus et de graisse, pour qu'il ne se dessèche pas. Elle entretenait le feu doucement et avec beaucoup
d'amour.
De toute façon, elle ne pouvait préparer la sauce qu'au dernier moment. Et avant, il fallait encore qu'elle se calme. On ne pouvait pas faire une
sauce sans grumeaux avec un coeur qui battait la chamade.
Elle avait rabattu les côtes et ficelé les flancs autour des rognons avant de le mettre au four. Les rognons étaient sa fierté. Ils seraient servis
avec. Coupés avec un couteau bien aiguisé, comme les meilleurs morceaux.
Les baies de genièvre étaient écrasées sur une planche et parfumaient la pièce. En réalité, le genièvre était réservé au gibier. Mais le roti de
veau d'Oline n'était pas un roti de veau ordinaire. Il demandait des baies de genièvre et autres miraculeuses épices.
La gelée de groseilles et les mûres jaunes attendaient dans le garde-manger dans des coupes de cristal à pied, recouvertes d'un linge. Les pruneaux
baignaient dans l'eau derrière la cuisinière. Ramollis à point. Elle en avait retiré chaque noyau avec des mains tremblantes, tout en courant de la fenêtre à la table.
Les pommes de terre nouvelles étaient encore petites, elles étaient brossées et préparées depuis la veille par les servantes. On les avait mises
dans l'eau fraîche à la cave pendant la nuit. On allait les cuire au dernier moment dans quatre grandes casseroles. "
" Le soir de Noël, la neige remplissait le ciel d'un blanc laiteux. Le temps s'était tout à coup mis au dégel. Cela n'annonçait rien de bon pour le
déroulement des festivités. La couche de neige nécessaire aux traîneaux pouvait fondre en moins d'une journée, et la mer était déjà agitée. Une tempête de neige menaçait, sans vouloir vraiment
éclater. On ignorait de quelle force elle serait. "
Extraits du Livre de Dina " Les vivants aussi " de Herbjorg Wassmo
Je vous souhaite à tous et à toutes de passer d'excellentes fêtes de Noël avec votre famille.
Je vous souhaite une soirée comme du miel et de l'or dans les yeux de ceux que vous aimez.
Et je pense à ceux qui n'auront pas la chaleur d'un foyer, de bonnes choses sur leur table, qui n'auront pas d'abri, ceux qui seront ce soir malheureux,
tristes, seuls.
Tendres baisers